Cherifa : L’Âme de la Chanson Kabyle, une icône et un symbole des femmes algériennes

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De l’aridité des champs d’oliviers de son village kabyle au Zénith de Paris, Cherifa, de son vrai nom Ouardia Bouchemlal, trace un itinéraire remarquable.
Née le 9 janvier 1926 à Ith Halla, au sein de la tribu des Ath Ouarthirane, elle devient une icône, symbole des femmes algériennes.
Orpheline, sa vie commence avec une enfance difficile, bercée par les mélodies interdites qu’elle chantonne en gardant les moutons.
Son oncle, gardien des conventions, réprime ses élans musicaux, mais rien n’empêche Cherifa de briller dans les « ourars », célébrations où elle enchante les cœurs.
Dès l’âge de quatre ans, elle débute à la radio nationale dans un folklore kabyle. Elle compose ensuite plus de 800 chansons, dont les célèbres « Azwaw », « Sniwa Ifendjalene », et « Bkalakhir Ayekbou ».
Ses prestigieuses performances à l’Olympia (1993), à l’Opéra Bastille (1994) et au Zénith de Paris (2006) marquent son passage de la radio à la scène internationale.
Chérifa, « Edith Piaf de la chanson kabyle », ouvre la voie aux femmes en devenant une voix féministe, explorant tous les aspects de la vie à travers des préludes et des chansons d’amour.
Sa carrière, jalonnée de succès, connaît des revers financiers, la conduisant à travailler comme femme de ménage à la télévision algérienne.
Son œuvre, imprégnée de son vécu, témoigne de son courage à défier les tabous. Elle décède le 13 mars 2014, laissant un héritage culturel indélébile.
Avant sa mort, elle réalise son rêve en visitant la tombe de Cheikh Aheddad à Seddouk, appelant les femmes à préserver leurs traditions.
Cherifa, la « Edith Piaf de la chanson kabyle », restera à jamais la voix enchanteresse qui a transcendé les frontières.
Sa vie, débutée dans la rudesse de la Kabylie, s’est épanouie en une symphonie qui résonne au Zénith de Paris.
Artiste autodidacte, Cherifa a conquis le cœur de l’Algérie et au-delà avec plus de 800 chansons. Sa voix modulable, douce et chevrotante, a bercé des générations.
De la radio algérienne à l’Olympia, elle a marqué chaque note de son empreinte.
Son parcours, marqué par des défis financiers, ne l’a jamais fait dévier de son engagement pour la musique kabyle.
Elle a incarné la souffrance et la joie de toute une vie dans des préludes et des chants d’amour. Malgré le pillage de son répertoire par d’autres artistes, elle est restée magnanime.
Cherifa, femme de ménage à la télévision algérienne, a connu l’oubli avant de renouer avec le succès.
Elle a éclairé la scène internationale à 70 ans, réaffirmant son statut d’icône. Sa visite à la tombe de Cheikh Aheddad et son appel aux traditions féminines ont marqué sa fin tragique en 2014.
Son jardin à Paris, dans le 14e arrondissement, témoigne de l’héritage vivant de Cherifa.
Sa musique continue de résonner, perpétuant son legs dans les cœurs des amateurs de la chanson kabyle. Cherifa, une étoile qui brille au firmament de la musique et de la mémoire collective.